FICHE BOTANIQUE N ° 2 :
LE GOYAVIER
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Le goyavier, introduit d'Amérique comme arbre fruitier en 1863, s'est très vite multiplié dans les pâturages. Il est déclaré nuisible dans les pays tropicaux où il pousse maintenant à l'état sauvage et constitue le fond de la végétation . Description botanique Le goyavier commun, Psidium guajaba, est un petit arbre pouvant atteindre jusqu'à 8 mètres. Son nom scientifique "Psidium" vient de l'ancien grec "Psiein" qui signifie donner à manger alors que "guajava" est d'origine amérindienne. Le goyavier appartient à la famille des myrtacées, qui se partage en deux groupes, selon que les fruits soient charnus (goyaviers, jamelonniers) ou secs (niaoulis, eucalyptus). |
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Son tronc possède une écorce lisse et cuivrée qui se détache par lamelles. Les rameaux de l'année ont une section carrée. Il porte des feuilles de couleur vert clair, oblongues, de 4 à 8 cm, aiguës et obtuses. Les fleurs, blanches, poussent au bout des branches. Les fruits, globuleux ou piriformes sont comestibles. A maturité, ils deviennent jaunes avec une pulpe rose, rouge ou blanche qui renferme de nombreuses petites graines dures. Plus de cent variétés ont été dénombrées dont les plus courantes sont : les goyaves pommes, les grosses goyaves blanches, les grosses et petites goyaves rouges. Il existe une autre variété de goyavier, Psidium cattleianum, aussi appelée goyavier de Chine. Les feuilles sont vert foncé, petites et brillantes. Les fruits sont aussi plus petits et sphériques, de couleur rouge d'un côté et blanc de l'autre. Origine, distribution, écologie Originaire d'Amérique du Sud, le goyavier a été introduit dans toutes les régions tropicales du monde. Il est largement répandu dans les Antilles, du Mexique en Amérique du Sud mais aussi dans le Pacifique (Tahiti, Nelle Calédonie). Arbre spontané dans les régions de moyenne altitude ( 100m à 600 m ), le goyavier est très commun dans les savanes, les taillis, les friches. On le retrouve en formations isolées sur les crêtes et les lieux découverts. Dans de bonnes conditions, l'arbuste peut s'épanouir en arbre , le long des cours d'eau et dans les lieux humides. Le goyavier prospère dans presque tous les sols. A Cuba , l'argile rouge lui réussit alors qu'on le retrouve dans des sols légers et sablonneux en Floride. Particulièrement tenace, il persiste jusqu'à 1500 m d'altitude et résiste à de légères gelées en Algérie, en Floride et en Californie. Il se montre particulièrement envahissant dans les pâtures et les terres incultes, même arides et isolées comme dans le nord du territoire . Planté à Lifou, il est aujourd'hui spontané aux Loyautés Sa multiplication se fait par semis ou drageonnement mais surtout par l'intermédiaire de ses graines dispersées par les animaux. Les bouses de vaches jouent également un rôle prépondérant dans la dissémination de l'espèce car si le bétail ne mange pas les feuilles de goyavier, en revanche il est très friand de ses fruits. Dans les vergers , la multiplication s'effectue par marcottage, greffage ou bouturage. Historique et usages traditionnels Les indiens caraïbes employaient le goyavier contre " le mal de ventre " (anonyme de Carpentras, 1618). Autrefois , les feuilles servaient à enfumer la viande, l'écorce à conserver et à tanner les cuirs (Descourtilz, 1827). Les bourgeons entraient dans la composition d'un mélange de plantes astringentes donné en bains de siège , par les matrones, après une fausse-couche, en vue de resserrer les organes (Granguillote, 1980). Dans la Caraïbe le goyavier est principalement utilisé pour soigner les douleurs gastro-intestinales et les diarrhées. Ses modalités d'utilisation sont variées : infusion de bourgeons feuillés ou de feuilles, décoction d'écorce ou mastication du fruit vert. La médecine traditionnelle africaine en fait le même usage. Les feuilles astringentes sont utilisées pour soigner, les plaies les affections cutanées soit en bain, soit en décoction. Associée à d'autres plantes, l'infusion des feuilles est considérée comme antidiabétique. Aux Marquises, les goyaves vertes écrasées sont considérées comme un excellent remède contre les contusions. Il est à noter que la goyave est une excellente source de vitamine c. De plus le fruit d'une saveur délicate, a des qualités pectorales, toniques et antidiarrhéiques. Composition chimique et activité pharmacologique La plante entière est riche en tanins ellagiques (la feuille : 9 à 10 %, l'écorce : 12 à 30 %, la racine : 10 à 20 %). Les feuilles renferment une huile essentielle riche en caryophyllène, nérolidiol, aromandrène, (-bisabolène, du sitostérol, du quercétol, des triterpénoîdes . La racine contient des leucocyanidines et de l'acide gallique. La fleur contient en plus, des flavonoïdes ( guajavérine et quercétine) et un triterpène, l'acide oléanolique. Le fruit est riche en vitamine c. Il contient également de l'acide cinnamaique. L'activité antibactérienne de l'extrait aqueux des feuilles, des racines et des tiges est prouvée sur des bactéries Gram - et Gram + (Nickell, 1959). Des recherches récentes confirment l'activité antimicrobienne contre les entérobactéries responsables de diarrhée et un ralentissement du transit intestinal (Caeres, 1988 ; Lutterodt, 1989). Les propriétés antidiabétiques du fruit et des feuilles sont confirmées (Cheng et Yang ; 1983 Maruyana et al, 1985). Enfin l'activité sédative des feuilles a été vérifié. Les emplois recommandés Antidiarrhéïque Boire, au cours de la journée, l'infusion obtenue en versant un litre d'eau bouillante sur 20 g de jeunes feuilles ou de bourgeons. Un sirop peut être préparé avec le décocté de sept goyave vertes (les goyaves mûres sont au contraire laxatives) additionné d'une quantité égale de sucre de canne. Si les symptômes persistent, consulter un médecin. Troubles cutanés superficiels Appliquer localement le décocté des feuilles ou prendre un bain astringent contre les démangeaisons, coupures, petites plaies, ampoules, etc... Sédatif léger Boire, trois fois par jour, la décoction de feuilles à 30 g/l |
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Usage alimentaire N'oublions tout de même pas que nous connaissons surtout le goyavier pour les fruits qu'il donne . La goyave fraîche est excellente telle quelle, en jus ou dans une salade de fruits mais elle est aussi très prisée quand elle est cuisinée. Voici deux recettes qui valent le coup d'être tentées. La confiture de goyave Ingrédients : 2kg de goyaves 2kg de sucre 1 bâton de vanille une pincée de muscade ou de cannelle moulue ( selon votre préférence) a) Choisir de belles goyaves grosses et saines que vous épluchez. Enlever les pépins et découpez les fruits en lamelles grossières. Mettre les goyaves, le sucre, la cannelle ou la muscade et la vanille coupée dans le sens de la longueur dans un récipient. Laisser l'ensemble macérer une nuit. b) Le lendemain, mettre l'appareil à cuire à feu très doux pendant deux à trois heures. |
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Tarte à la goyave meringuée Ingrédients : 250 g de pâte sablée 500 g de confiture de goyaves (recette ci-dessus) 500 g de crème pâtissière épaisse Le blanc de 3 ufs 250 g de sucre a) Etaler la pâte dans un moule beurré et fariné et la faire cuire à four moyen (th . 6)dans un four préchauffé jusqu'à mi-cuisson. b) Retirer alors la tarte du four, la tapisser avec la crème pâtissière puis la confiture de goyaves c) Monter les blancs en neige ferme (à laquelle vous aurez ajouté une pincée de sel) et le sucre. d) Recouvrir l'ensemble avec cette meringue et finir la cuisson à four moyen (th.6) Bon appétit Bibliographie - Fiche botanique de M. Bernard Suprin - Jean-Louis Longuefosse : 101 plantes médicinales de la Caraïbe - Collectif Tramil : Pharmacopée caribéenne ( travaux de recherche patronnés par la Coopération française et l'I. R. D. ) - D. Bois : Les plantes alimentaires chez tous les peuples, à travers les âges. - H. S. Mc Kee : La lutte contre les adventices dans le pacifique Sud Barthélemy Pierrette |
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Pour en savoir plus
http://www.rando-reunion.com/pages/flore/goyavier.htm
http://www.enda.sn/plantesmed/psidium.html
Document FAO http://www.fao.org/WAIRdocs/x5425f/x5425f04.htm